Billets pour le Tag ‘etat’

Monopoles d’Etat

Divers septembre 24th, 2006

Car l’Etat s’en tient aux trois monopoles organisés dans les années 1930 : la Française des jeux pour la loterie, le PMU pour les paris hippiques, et une liste bien précise d’établissements casinotiers. Des monopoles étendus sur Internet… mais pour les deux établissements publics. En 2005, à peine deux ans après leur création, le chiffre d’affaires de fdjeux.com et pmu.fr s’élève respectivement à 68 millions et 250 millions d’euros. Une croissance à deux chiffres qui ne constitue que la partie visible, et très infime, de l’explosion des jeux en ligne en France. Le reste, ce sont des sites « offshore », comme Bwin ou Zeturf, basés dans des paradis fiscaux plus ou moins exotiques, et donc interdits en France. Pourtant, « il est probable qu’on n’a jamais autant joué en France qu’à l’heure actuelle » , notait déjà en 2002 le sénateur UMP du Var, François Trucy, dans son rapport sur les jeux de hasard, le dernier paru sur le sujet. « Les joueurs, dans l’intimité retrouvée avec leur ordinateur, peuvent se livrer à leur passion, chez eux, sans frais supplémentaires, en gardant pour eux leur âge et leur casier judiciaire, en ayant en outre la satisfaction béate de ne pas verser, directement ou indirectement, un sou à l’Etat. »
Ils seraient donc ainsi quelque 500 000 Français à goûter aux délices solitaires des casinos virtuels, selon les estimations de l’Agence française des jeux d’argent en ligne, pour un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard d’euros. Ce qui place les joueurs de l’Hexagone en tête des classements internationaux des fans de cyber-casinos. Ces casinos virtuels et autres sites de paris, il en existe plusieurs milliers dans le monde, mais tous sont accessibles depuis un ordinateur français. Certains ont même une vitrine officielle à la City, comme PartyGaming, dont l’histoire semble tirée d’un roman de gare. Avec pour héroïne Ruth Parasol. Cette Américaine a hérité d’un empire dans la pornographie. Elle recrute en 1997 un jeune Indien, surdoué de l’informatique, pour mettre au point un logiciel donnant corps à son projet de casino virtuel. PartyGaming est lancé. Les fondateurs décident alors de ramasser la mise en profitant de la toute nouvelle loi britannique qui autorise l’entrée en Bourse des sociétés de jeux en ligne. Bingo ! Dès son introduction, l’entreprise cote le double de l’action British Airways. Ce secteur, interdit aux Français et aux Américains, devrait atteindre 12 milliards d’euros en 2006 et près de 20 milliards dans quatre ans, estime le cabinet américain Christiansen Capital Advisors. Pas de crise en vue, car le business model est ultra-simple : acheter un logiciel performant – autour de 10 millions d’euros – et travailler la « convivialité ». Le joueur doit se sentir comme chez lui, pouvoir circuler de table en table, et passer du black jack à la roulette, comme dans un vrai casino. Bilan : avec des coûts de personnel réduits et des infrastructures virtuelles, ces sociétés affichent des marges dépassant 50 %. Des chiffres à faire tourner la tête.

blank